Vous faire partager ce soir, cette joie d'avoir vécu en haiku un jour tout entier. Qui plus est au milieu des mangas et des festivaliers.
Quand, ce matin, au lancement de la première journée, j'ai installé ma corde à linge, j'ignorais qu'elle ne me serait d'aucune utilité. C'est en voyant les tentes garnies de livres et de robots et les images colorées des affiches et des expositions que j'ai compris que lui, le tout petit poème, écrit noir sur blanc, oscillant au dessus des têtes des visiteurs, ne serait jamais lu.
Alors j'ai pris le mur pour support de mon reportage...scotchant chaque haiku et le moment de sa prise. Un peu plus tard, j'en ai collé un peu partout, sur les tentes, les arbres et les poteaux...comme ils sont venus...à peine calligraphié au feutre biseauté et sans signature...toujours sur le motif...au gré des scènes vues, entendues, et parfois senties.

sur le motif,sauf un...que mon amie Monika, ne désavouerait pas...trois titres de livres côte à côte sur le banc d'un libraire spécialisé mangas...

au sommet des dieux
la pluie du paradis
si loin si proche

Ainsi semés, les haikus en ont touché certains, qui me l'ont dit, et peut-être d'autres qui l'ont tu. Indifférence pour le plus grand nombre, venu se frotter aux écrans larges des jeux vidéos ou applaudir aux démonstrations d'art martiaux. Le haiku, on le sait, n'est pas spectaculaire, juste une égratignure, dit Barthes, sur le présent...

Voilà, je vous laisse sur ce constat...
tous les haikus sont restés là-bas, sur leur rectangle de papier, éclairés de lune. Je ne les ai pas en mémoire. Demain j'espère, d'autres viendront, que j'aurai plaisir à vous faire lire.

En attendant, bonne nuit à tous...elle promet d'être claire...

Phil