mai face book un haiku par jour (sélection)
pliées
la petite vieille
et sa chaise
retour du froid -
contre ma peau
ses seins de glace
sur quel sutra
pointe-t-il le doigt
le jeune moine
théâtre d'ombre -
levées leurs inhibitions
enfantines
plus le même champ -
les coquelicots
dépassés par des fleurs bleues
poète alité -
le monde réduit
à un carré de fenêtre
des fleurs ? pas la peine !
ici, hormis le chien,
nul ne les arrose
Sieste -
des voix d'enfants
parlent de cascade
*
rue du bout du monde -
un dominicain en habit
avec une valise verte
*
"oeil ouvert
et coeur battant"
heureux d'avoir acheté ce livre
*
les quatre êtres de bien :
bambou, lotus, orchidée
et chrysanthème
*
depuis cet entretien
avec le moine
un grand ciel bleu
*
Saint Guilhem le désert -
du monde jusqu'au bout
du monde
*
Saint Guilhem
ma fille toute habillée
parmi les truites
printemps -
des chants
à perte d'ouie
Difficile d'exprimer en haikus l'intensité de l'entretien avec le moine Gojo.
Le dialogue portait sur l'approche non-duelle. Je remercie Jean-Claude César de m'y avoir invité...Dire juste que cette approche fondée sur l'expérience de la conscience comme source de perception n'est pas éloignée de notre pratique de haijin...
mes chaussettes
moins blanches
que la tunique du moine
*
des auditeurs
je devine les pensées -
- c'est lui le moine ???
*
sur ses coussins
à peine posé - sans violence
il s'impose
*
déjà
quelque chose de paisible
s'installe
*
pas de koans
mais des réponses
déconcertantes
*
des n'est ce pas
comme des portes
entre les phrases
*
son regard doux
et ses petits rires
coquins
*
ce chemin
qui n'en est pas un
bordé de fleurs rares
de petits yeux brillent
quand d'autres ont des larmes -
neige de bourre
demi-sommeil -
le chant du rossignol
trop lointain
un étrange insecte
sur le carrelage rouge
des toilettes
premières voix
de belle saison
dans le jardin d'en face
· bière sans alcool
homme sans ivresse
pleurant quand même
nu sur la plage -
une ancienne élève
le reconnaît
iris arrachés -
dans la cour d'école
chercher le coupable
- · claquements de doigts -
le garçon de café
regarde ailleurs
mi-soleil mi-ombre
je déguste une friture
de jols
aube de mai -
dans la gamelle du chien
la pie pioche
rien à faire
yeux ouverts ou fermés
puisque ça tourne
vertiges -
à pas lent, les marches
de l'escalier tournant
je gravis les marches
de l’escalier tournant
comme ma tête
usées, mal payées
les filles du crazy horse
défilent vêtues
aveugle
il s'excuse
d'avoir été bousculé
*
sieste -
à part cette mouche qui donc
pourrait me déranger
*
Issa et mézigue
même amour des mouches
et des haïkus
*
porte-t-elle un nom
la mouche
qui me courtise
*
coquette la mouche
se lisse les ailes
avec les deux pattes arrière
*
la mouche
à son aise
sur mon index gauche
*
observant la mouche
je constate combien
les vitres sont sales
entre les mains
tous les oiseaux chanteurs -
quai des bouquinistes
nuit tiède d'avril
j'ouvre la fenêtre
côté rossignol
plein vent -
les coquelicots
je les plains
sur le quai - noire
elle porte un bouquet
de fleurs de coton
sur le buffet
l’image poussiéreuse
de Dieu le père
*
hall de gare –
rares ceux qui ne trifouillent pas
leur mobile
*
sur la route au loin
le bruit incisif
d’une moto
*
cuit par le gel
mon olivier va-t-il
refaire des feuilles
*
Pâques orthodoxe -
remonterais-je un jour
à la petite chapelle
*
joueurs impatients -
le maitre du jeu
dort encore
*
il semble me remercier
le poêle
que j’ai nourri
*
sur le départ
ma mère
toute plaintive
*
petit matin -
de ma barbe il ne veut pas partir
son cheveu
amoureux -
les nuages n’ont pas fini
de dessiner son visage
*
cœur de ville –
levant mon verre à ceux
qui ont mis les autos dehors
*
le son des cloches
place Saint Roch
un goût d’été
*
longtemps après
je le reconnais
celui que je venais de croiser
pas deux chaussettes
ne se ressemblent
dans le grand sac
réveillée
par des chants d’oiseaux
de quoi se plaint-elle ?
grand vent –
les branches de l’olivier
balayent les nuages
usées
mes sandales entament
leur troisième printemps
kanjis blancs sur bleu
ces bouts de nuage
que le vent détache
avant ton envol
j'ignorais le vert de ta queue
petit passereau
courageux
ces coquelicotsle mur que j'ai lavé
met en évidence
le mur que je n'ai pas lavé
certains l'aiment
d'autres pas
l'arôme du bois brûlé
*
devant une coccinelle
désolé
je n’ai pas grandi
*
je l’invite pour voir
à poser la coccinelle
sur le coquelicot
*
« ils ont fait exprès
dans ce livre, de mettre
que des choses que je connais ? »
Silouane 8 ans
- c’est quoi ton métier ?
- -semeur de haikus ?
- -et ça te fait vivre ?
- oui !
*
sur la table
les fourmis
ébêtées de sucre
- ce soir fillette
qu'en sera-t-il de ton bouquet
de coquelicots ?
la pie
regardez la
il ne lui manque que les bras
la pluie-qui s'en plaindrait-
même en pleine nuit
fait de la musique
après la pluie
le champ moins rouge -
d'autres coquelicots se lèvent
mur en chantier -
faute de couvert
il mange avec une truelle
de l'horloge
mine de rien,elle galope
la trotteuse
les yeux dans le vague -
plus un seul haïku
en poche
soleil rasant -
l'abeille butine
le bouquet de la mariée
à l'oreille déjà
le vent
accentue le froid
médiévales
certains l'aiment
d'autres pas
l'arôme du bois brûlé
*
devant une coccinelle
désolé
je n’ai pas grandi
*
je l’invite pour voir
à poser la coccinelle
sur le coquelicot
*
« ils ont fait exprès
dans ce livre, de mettre
que des choses que je connais ? »
Silouane 8 ans
- c’est quoi ton métier ?
- -semeur de haikus ?
- -et ça te fait vivre ?
- oui !
*
sur la table
les fourmis
ébêtées de sucre
18 avril
premier geste
après le café
écrire un haiku
*
réveillée
par des chants d’oiseaux
de quoi se plaint-elle ?
*
dans la valise
brisé le flacon d’huile
parfumée
*
glycine en fleurs –
je comprend maintenant
l’image des seins
*
regards vers le ciel
peut-être prières :
- jamais plus la pluie ?!
17 avril
ultime concert –
sa voix tremble un peu
quand il tient la note
*
longtemps après
je le reconnais
celui que je viens de croiser
*
sur le mur
l’ombre des bambous -
sumi-e vivant
*
grand vent –
les branches de l’olivier
balayent les nuages
saisissez le titre du message
sur le quai - noire
elle porte un bouquet
de fleurs de coton
*
toutes deux voilées
la mère et la fille
mais qu'un seul visage
*
hall de gare
pour un peu de monnaie
une histoire sombre
*
plein vent -
les coquelicots
je les plains
Phil
de ma barbe
SourceURL:file://localhost/Users/nadia/Documents/sur%20le%20buffet.doc
sur le buffet
l’image poussiéreuse
de Dieu le père
*
hall de gare –
rares ceux qui ne trifouillent pas
leur mobile
*
sur la route au loin
le bruit incisif
d’une moto
*
cuit par le gel
mon olivier va-t-il
refaire des feuilles
*
Pâques orthodoxe -
remonterais-je un jour
à la petite chapelle
*
joueurs impatients -
le maitre du jeu
dort encore
*
il semble me remercier
le poêle
que j’ai nourri
*
sur le départ
ma mère
toute plaintive
*
petit matin -
de ma barbe il ne veut pas partir
son cheveu
haikus d'une répétition
sur scène
(décide-t-on)
la neige sera de soie
*
sur la corde à linge
trois mêmes livres sèchent
*
habitués aux grands espaces
ils jouent
dans un mouchoir de poche
*
assis à la japonaise -
genoux et chevilles
s’endorment
*
à force de les déplacer
sushis et makis
flagadas
en pleine conversation
sur la grâce
il me baise le pied
*
elle dit
que la musique devrait servir
les déplacements
*
qui de l’un ou de l’autre
l’entendra le premier
le rossignol
*
à défaut d’une longue
on s’arrête sur trois petites –
la table aux sushis
récents et quelques anciens
paquets d’écume –
arrachée par la houle
son écharpe rouge
*
vent fou –
elle craint qu’il ne s’envole
son tout petit
*
ils craquent
sous les chaussures, les squelettes
d’oursins
*
mer houleuse –
sur les galets, l’holoturie
impuissante
*
sur la plage de galets
l’écume toute tremblante
*
mer folle d’automne –
l’irlandais en short
les pieds dans la vague
*
laissé par la mer
rendu à la mer
le concombre de mer
la joie dans leurs yeux -
les bottes trop basses
quand la vague monte
*
loin de la mer
terne le galet
que l’enfant trouvait si précieux
*
dans le parc
boueux
le paon blanc
*
restes de la veille –
le chien aussi boude
les sushis
soir d'avril -
la pelouse redevient
le territoire des merles
stores et volets clos
la nuit descend
sans être vue
le bruit de la clim
pareil à celui de la pluie
enfin presque
bains chauds
les pieds à peine trempés
un sourire sur leur visage
le bout des doigts fripés
comme autrefois enfant
dans la baignoire
matin de pluie -
déjà deux ans qu'il est mort
le voisin d'en face
arbres de judée
n'allez pas trop vite
vous feuillager
les yeux dans la glace
il joue au menteur
il joue au tricheur
quelques petits pas
lui coupent le souffle
l'aïeule

