Sa silhouette est là sur le pont, minuscule, entre deux voitures. La vidéo, probablement celle d’un amateur, relate le déchainement d’un fleuve. Il s’agit en réalité d’un canal que le tsunami (du 11 mars 2011) a subitement fait gonfler. L’homme observe, avec tranquillité ou peut-être un peu d’hébétude, bateaux et voitures se fracassant contre le tablier du pont. Il ne réagit pas. Pourtant, à quelques pas de là, une partie de l’ouvrage parait déjà recouverte par la vague. Longtemps, l’homme en question, garde son calme devant cette petite apocalypse. J’ose à peine imaginer le tohubohu des débris dans l’arène de la cité.

Le pont  ne semble qu’un dérisoire tronçon de paix sur le tumulte des eaux boueuses.

Enfin l’homme réalise. A pas pressés, il rejoint sa voiture, amorce un demi tour et rejoint la partie droite de l’écran. Tandis que la voiture s’éloigne et sort du cadre, je me pose beaucoup de questions sur l'impassibilité nippone et le devenir du bonhomme.

 

Philippe Quinta