D'un festival de chez nous (quatrième édition) quelques prises sur le vif...

 

 



art vida –
le gitan du village dit
qu’elle s’y connaît

*

musique latine –
la toute petite fille
en transe

*

six ans
du « grand chêne », elle  chante
toutes les strophes

*

présences –
qui sait vraiment
ce qu’elles sont

*

toute la garniture
du pain libanais
sur sa chemise

*

nuit blanche -
les ados puis
les oiseaux

*

il balaie
le crottin
devant sa caravane

*

le sol dur
malgré ses rondeurs

*

trois marches à peine
et l’on se sent
hors du monde

*

de la poétesse
éclatante
la dentition

*

la visite
en plein festival
d’un carabe doré

*

d’un chant, l’autre
comme il semblait heureux
le grand chêne


*

de l’arbre de judée
pas une seule feuille
pareille

*

entre deux applaudissements
elle oublie un peu
sa maladie

*

milieu de la nuit -
une branche tombe
sur la scène


*

il dit qu'avec le jour
la libellule en papier mâché
change de couleur


*

poète
elle préfère aller pisser
sous un arbre

*

dans le camion benne
s’entassent
libellules et papillons

*

du vieux poirier
il m’indique
les jeunes poires

*
non loin des stands
la source trouve
de jeunes amis

*

par les pompiers
vite emmenée
la promeneuse blessée

*

sur sa natte
porté par le vin
et par la musique


*

premier à l’apéritif
le blanc
avant le rosé et le rouge –

*

ni la musique
ni le poème
n’arrête le promeneur pressé

*

très aimée
des caravaniers
la sardine

*

légers, si légers
les gens qu’il déplace
du matin au soir

*

à  la variante orientale
du jeu de dame
le soleil veut jouer aussi

*

après la nuit blanche
de vieilles viennoiseries
je me délecte

*
il chante
à l’heure où tout le monde
fait sa valise

Phil