Ils sont une petite trentaine. Une toute petite trentaine devrai-je dire. Hauts d’à peine cinq pommes, ils participent avec leur maitre à un projet insolite. Tous les jeudis matins, de la rentrée des classes aux derniers jours d’école, ils chemineront vers une espèce de terrain vague, appelé depuis peu le jardin des oiseaux. Il s’agit plus exactement d’un bassin de rétention que borde un ruisseau plus que capricieux.

 

C’est le premier matin. L’inspecteur a donné son feu vert . La route est libre ! Dans le texte définissant les objectifs de l’aventure, il est écrit : « ...les premières fois, on laissera faire les enfants...c’est à peine si on leur proposera quelques outils pour appuyer leurs découvertes... »

Une seule loi, définie en deux simples phrases :

Tu ne feras de mal à personne ( Par personne s’entend ce qui est vivant.)

Et tu ne te mettras pas en danger .

 

Ces petits ont pour noms : Insiya, Hiba, Aloun ,Renan ou Kenzo. Je ne les citerai pas tous , préférant les faire apparaître au fil du récit. Le bruyant cortège de têtes brunes, ponctué de cheveux blonds ou roux, longe la haie parfumée de la maternelle et pénètre dans le jardin. L’enseignant craint d’y trouver quelques objets hostiles à son projet. Par bonheur le sol ne compte que quelques étrons secs, deux ou trois bouteilles en plastique et des filtres de cigarettes abandonnés par des adolescents noctambules.

 

Un autre professeur, détaché au centre ressources sciences, les guide dans leur premières découvertes. Il est lui même accompagné de deux jeunes gens handicapés.

Très vite, on grimpe dans les arbres, bouscule les pierres, saute d’un monticule de terre, franchit le ruisseau et collecte quelques branches mortes. Mais le plus passionnant sera de mettre des petites bêtes en boite et de les observer.

 

 

                                     de retour en classe

                                      déjà le carnage

                              la mante croque l’éphippigère