aveugle
il s'excuse
d'avoir été bousculé

 

*
sieste -
à part cette mouche qui donc
pourrait me déranger

*

Issa et mézigue
même amour des mouches
et des haïkus

*

porte-t-elle un nom
la mouche
qui me courtise

*
coquette la mouche
se lisse les ailes
avec les deux pattes arrière

*

la mouche
à son aise
sur mon index gauche

*

observant la mouche
je constate combien
les vitres sont sales
entre les mains
tous les oiseaux chanteurs -
quai des bouquinistes
nuit tiède d'avril
j'ouvre la fenêtre
côté rossignol

 

 

plein vent -
les coquelicots
je les plains
sur le quai - noire
elle porte un bouquet
de fleurs de coton
sur le buffet
l’image poussiéreuse
de Dieu le père

*

hall de gare –
rares ceux qui ne trifouillent pas
leur mobile

*

sur la route au loin
le bruit incisif
d’une moto

*

cuit par le gel
mon olivier va-t-il
refaire des feuilles

*

Pâques orthodoxe -
remonterais-je un jour
à la petite chapelle

*

joueurs impatients -
le maitre du jeu
dort encore

*

il semble me remercier
le poêle
que j’ai nourri

*

sur le départ
ma mère
toute plaintive

*
petit matin -
de ma barbe il ne veut pas partir
son cheveu
 
amoureux -
les nuages n’ont pas fini
de dessiner son visage

*

cœur de ville –
levant mon verre à ceux
qui ont mis les autos dehors

*

le son des cloches
place Saint Roch
un goût d’été

*

longtemps après
je le reconnais
celui que je venais de croiser
pas deux chaussettes
ne se ressemblent
dans le grand sac
réveillée
par des chants d’oiseaux
de quoi se plaint-elle ?
grand vent –

les branches de l’olivier

balayent les nuages
usées
mes sandales entament
leur troisième printemps
kanjis blancs sur bleu
ces bouts de nuage
que le vent détache
avant ton envol
j'ignorais le vert de ta queue
petit passereau
courageux
ces coquelicotsle mur que j'ai lavé
met en évidence
le mur que je n'ai pas lavé
certains l'aiment
d'autres pas
l'arôme du bois brûlé

*

devant une coccinelle
désolé
je n’ai pas grandi

*

je l’invite pour voir
à poser la coccinelle
sur le coquelicot

*

« ils ont fait exprès
dans ce livre, de mettre
que des choses que je connais ? »

Silouane 8 ans

- c’est quoi ton métier ?
- -semeur de haikus ?
- -et ça te fait vivre ?
- oui !

*

sur la table
les fourmis
ébêtées de sucre
- ce soir fillette
qu'en sera-t-il de ton bouquet
de coquelicots ?
la pie
regardez la
il ne lui manque que les bras
la pluie-qui s'en plaindrait-
même en pleine nuit
fait de la musique
après la pluie
le champ moins rouge -
d'autres coquelicots se lèvent
mur en chantier -
faute de couvert
il mange avec une truelle
de l'horloge
mine de rien,elle galope
la trotteuse
les yeux dans le vague -
plus un seul haïku
en poche
soleil rasant -
l'abeille butine
le bouquet de la mariée
à l'oreille déjà
le vent
accentue le froid