paquets d’écume –

arrachée par la houle

son écharpe rouge



*



vent fou –

elle craint qu’il ne s’envole

son tout petit



*



ils craquent

sous les chaussures, les squelettes

d’oursins



*



mer houleuse –

sur les galets, l’holoturie

impuissante



*



sur la plage de galets

l’écume toute tremblante



*



mer folle d’automne –

l’irlandais en short

les pieds dans la vague



*

laissé par la mer

rendu à la mer

le concombre de mer


la joie dans leurs yeux -

les bottes trop basses

quand la vague monte


*


loin de la mer

terne le galet

que l’enfant trouvait si précieux



*



dans le parc

boueux

le paon blanc



*

restes de la veille –

le chien aussi boude

les sushis

 

soir d'avril -
la pelouse redevient
le territoire des merles

 

stores et volets clos
la nuit descend
sans être vue
le bruit de la clim
pareil à celui de la pluie
enfin presque

 

bains chauds
les pieds à peine trempés
un sourire sur leur visage

le bout des doigts fripés
comme autrefois enfant
dans la baignoire
matin de pluie -
déjà deux ans qu'il est mort
le voisin d'en face





arbres de judée
n'allez pas trop vite
vous feuillager



les yeux dans la glace
il joue au menteur
il joue au tricheur



quelques petits pas
lui coupent le souffle
l'aïeule

 

dormir seul -
au lever le lit
un champ de bataille


*



je cherche en vain
l'ivresse
dans un verre d'eau