AVRIL FACE BOOK
 
buvant du rhum
mais convaincu des bénéfices
du jeûne
dimanche des rameaux -
trouver un olivier
qui n'a pas gelé
premier avril -
cette floraison de glycine
l'aurais-je inventé
nuit d'avril -
pas d'inquiétude
les étoiles sont toutes là

 

quand viendra-t-elle
la pluie laver les sols
et la lumière
à l'arrêt du tram
les présentations :
l'enseignant de slam
dernier haïku
comme il dirait:
un dernier verre
tramway -
à quelle inconnue
ce divin parfum ?
plus de bruit
avec leur valise à roulettes
que le tramway
soir d'avril -
le distributeur de préservatifs
clignotte
en voiture
mon chien et moi
sur une route sinueuse

 

quel bonheur
d'entendre la pluie
si violente
les yeux vers le haut
elle déchiffre une partition
de nuages
je ne veux pas dormir
avant d'avoir aimé
toutes les gouttes de pluie
au fil des jours
les vieux, me paraissent
moins vieux
Chronopost -
mon haïku du Fuji
a vu le Fuji
le sommeil m'appelle
par un autre prénom
que le mien
sur les perles d'eau
quel dommage
un coup d'essuie glace
vieille maman -
en catalan ma soeur l'appelle:
"sac de plaintes"
squelette de pipistrelle -
la petite fille
interdite
dans le miroir
maigrir s'impose
hors du miroir
minuit approche -
passer sous la couette
sans la réveiller
j'ai longtemps cru
les oreillers
remplis de rêves
le devine-t-il
le petit oiseau
que je l'aime
tremblotant
le pommier avec ses fleurs roses -
cour d'école
sous les yeux du chien
sus aux pissenlits
le tondeur
trop d'honneurs faits aux cerisiers -
d'autres floraisons
dans ses haïkus
contant l'exil
des républicains espagnols
elle s'est fait beaucoup d'amis
fanfare -
il fait corps
avec son hélicon

lilas en fleurs -
les oeufs reviennent
dans les chapeaux

ces nuages ci
voyagent
sans se défaire
dans l’ombre
la fanfare crée
sa propre lumière
glycine éventée
mes pensées s'en vont
avec le nuage
Ne faisant plus de branches
le tronc coupé
fait des champignons
 
deux adolescentes
taquines -
le mime immobile
carnet à la main -
-tu vas faire des kiriku
me demande-t-elle
serveuse nippone
de toute beauté
le plat de thon cru
assis seul
il rote
et dit pardon
pétanque -
le soleil brille
sur chaque boule
il dit poète
comme s'il s'agissait
d'un handicap
lundi de Pâques -
la glycine
ressuscitée
petit déjeûner -
-papa t'as vu y a trois lettres
dans jus, riz et blé
dernière flambée -
le seau en fer blanc
attend les cendres

UN CAFE DE TERRE

DANS LA PETITE TASSE

DE PAPIER