Battons le fer tant qu’il est chaud ! Comme promis, je vous envoie une sélection des haikus de ce week end régional. Ce fut une grande joie pour moi de voir une fois de plus opérer le mystère de l’arche. Mystère d’amour et de tolérance. Mystère festif autant que spirituel. Il faut le vivre pour le croire.

Certes, de mon point de vue, on pourrait me dire : de quelle vie parles tu, tu ne fus ces deux jours qu’un observateur. Et je n’aurais rien de plus à dire. J’ai répondu à deux ou trois reprises, à des personnes qui m’invitaient à l’action : « moi, je ne suis là que pour écrire » et je m’en mords un peu les doigts ! Mais voilà, pour cette espèce de reportage-haikus que j’avais proposé à Patrick comme une offrande, il me fallait vite capter l’or des échanges fraternels et les transcrire aussitôt. Donc peu de place pour le partage. Je demande pardon à ceux qui n’ont pas compris cette distanciation. J’espère simplement que ces quelques textes ajouteront un peu de joie à celle que vous avez ce soir même emportée avec vous. Merci à tous pour tout !

 

 

Douce à sa joue

La plume d’autruche

 

*

 

la plus haute brique

du mur

s’appelle vacances

 

*

 

répétition –

les enfants regardent

par le hublot

 

*

 

premier jour –

cent fois serrée ma main

par le même homme

 

*

 

plateau repas

ses tomates contre

mon rôti d’agneau

 

*

 

Montpellier – Marseille

Un poète

En maillot de foot

 

*

 

ici

tout le monde va

main dans la main

 

*

 

derrière la porte

des voix

préparent la fête

 

*

 

mi-temps –

l’un crache son âge

l’autre ses cigarettes

 

*

 

Miscanthes fanées –

Cœur solitaire

Qui tressaille

 

Issa

 

*

 

un grand jeune homme

donnant la main

à une très petite vieille dame

 

*

 

ils errent

main dans la main

dans le labyrinthe

*


je ne sais plus

si c’est merveille

ou Mireille qu’elle s’appelle

 

*

 

sur le comptoir

il manque un E

au mot fragile

 

*

 

ils touchent tous

à tour de rôle

l’œuf et les rillettes d’autruche

 

*

 

heure du goûter –

quelqu’un m’apporte

une casquette bleue

 

*

 

cherchant ses mots -

sa main légère

effleure mon épaule

 

*

 

partie de football

il dit qu’il n’y va pas

parce qu’il a les boules

 

*

 

sas d’entrée –

je vois passer des lys blancs

des roses et un olivier

 

*

 

 

longtemps que je n’avais pas vu

de roulades d’enfants

sur l’herbe

 

*

 

après la fête

encore la fête –

bières d’abbaye

 

*

 

le lézard vert

fait lui aussi partie

de la fête

 

*

 

grand jeu –

les groupes guidés

par le parfum des genêts

 

*

 

je rejoins

sur la butte assis

un directeur joyeux

 

*

 

genêts en fleurs –

assise seule

avec une paille

 

*

 

avant le café

déjà l’accolade –

 

*

 

 

 

dans le ciel

qui l’a vue

la grande croix de nuages

 

*

 

partout la fête

même dans ce cœur

solitaire

 

*

 

sur le parking

resté vide

le fauteuil roulant

 

*

 

pentecôte –

entre deux cris

un ballon claque

 

*

 

à Patrick Corcoran

 

Pentecôte –

L’heure des retrouvailles

Avant celle de la séparation

 

Grand jeu –

600 personnes en couleur

et un chien noir

 

*

 

dernier match –

ages, sexes et joies

confondues

 

*

 

 

on lui demande son nom

il répond par

merci merci

 

*

 

ballons de baudruche –

s’envolera-t-il

le fauteuil roulant

 

*

 

un peu partout

des petits bouts de ballons

éclatés

 

*

 

fin du séjour –

le chien aussi repart

avec sa casquette

 

*

 

Mon Dieu

Avant le départ, faut-il que j’embrasse

Tout le monde ?

 

Phil

 

et la suite....

 

après les discours

il revêt

short et chemise

 

*

vent frais -

en geignant

il m’entraine loin de la foule

 

*

 

en carton et en couleur

les murs de l’arche

 

*

 

de la butte

seules les couleurs

les distinguent

 

*

 

après le Saint-Repas

le sain goûter –

heure des adieux

 

*

quatre personnes

entre le mur et le camion

un coin d’ombre

 

*

idée empruntée à Patrick Corcoran

 

deux béquilles

pour hisser haut

la pierre d’angle

 

*

 

Phil