Ce samedi 30 avril, pour le bonheur de nos jeunes enfants, N. et moi avons poussé la voiture jusqu'au village voisin. Une grande fête médiévale nous y attendait. J'ai pour habitude de dénigrer ce genre de manisfestation.Je n'ai pas le goût aux kermesses en habits d'époque. La station debout et le plein soleil me fatiguent vite. Si j'ajoute à cela les exigences de mes enfants, la curiosité de ma femme et le commerce d'une foule bruyante, je finis par trouver le temps long. Cette fois-ci, j'ai décidé de jouer le jeu et d'affranchir les miens de mon impatience et de mes bouderies. Je n'ai pas été déçu. Les organisateurs comme on dit familièrement y avaient mis le paquet.Des animations très variées, des marchands passionnés et souvent passionnants, un public bon enfant et un programme des plus captivant. Seule ombre au tableau, il fallut essuyer les mêmes poncifs concernant ce fichu moyen-âge, période d'obscurantisme religieux, de guerres, de famines et j'en passe. Faudrait que nos contemporains ouvrent un peu plus leurs yeux sur ce magnifique aujourd'hui . On n'arrête plus le progrès, la paix domine le monde, il n'y a plus de fléaux, l'intelligence et la raison habitent le coeur de chaque citoyen et les gouvernants n'usent jamais du moindre privilége. Laissez moi rire !

Ce petit goût de moyen-âge aura ravi des vacanciers en mal de simplicité et bien entendu les princesses et les chevaliers

de 4 à 14 ans. N. a garni son escarcelle d'huiles essentielles et d'audacieuses confitures. Satisfaite par la rencontre d'une authentique teinturière, elle est revenue chez nous ivre de couleurs et de laines teintées. L'amateur d'instant haikus est rentré presque bredouille. Obligé de faire le constat suivant: le spectaculaire tue l'écriture du haiku.C'est juste s'il a pu rapporté quelques brindilles de muguets pour fêter la chance d'être vivant:

Médiévales -

la peau cuivrée et la voix douce

de la teinturière

 

*

 

pâles imitateurs

de scènes médiévales -

dormir dans l'herbe

 

*

 

les gueux de Sauve

ne font plus peur

à la toute petite fille

 

*

le baladin

un sort jeté à son micro

qui hoquète

 

*

des simples

aux noms d'autrefois

 

*

bruits de foire

à un mètre de nous

le conteur

 

Phil