Je n'ai plus à cacher mon impudeur sur ce blog. D'aucuns savent que ma vie est lisible. Si ce n'était les gardes fous qu'impose ma chère et tendre, elle risquerait d'être transparente. Je sais pourtant, depuis Brassens, que mettre mon coeur ou mon cul au soleil, c'est pareil. Ainsi parfois, je m'exerce au secret, mais je l'avoue, c'est difficile. Pas le tempérament pour !
Comme je le prévoyais, sans pour autant le garantir, le demi-siècle est arrivé. Demain, vers les six heures du matin, il sera effectif.
Il faudra que je m'en accommode.
M.B, fidèle à mes confidences, dirait que c'est le printemps de la vieillesse. C'est ainsi que je compte le vivre...
Et puis, personne ne m'enlèvera la certitude que mon âme est éternellement jeune, et que je puis ici-bas la connaître, la re-connaître devrais je dire, avant de quitter le vieux vêtement.

dix-sept ans
hier à peine,
l'âge aujourd'hui qu'avait mon père

*

la cinquantaine -
je me souviens de la chanson
de Reggiani

*

mon petit
il a cinquante ans
dit-elle presque en pleurant

*

cinquante ans -
ma vue n'est pas seule
à baisser

*

cinquante ans -
le même jour, rendez-vous
chez le docteur

*

et pour sortir un peu des senryus

cinquante ans -
la lune va
vers sa plénitude

*

seul
tandis qu'il en voulait cinquante
des invités

*

sur le gâteau
seulement cinq
des bougies

*

un peu plus d'ombre
sur l'autre versant

Phil