Comme Daniel Py m'y et vous y invite sur son blog haicourtoujours.fr, je commente l'énoncé de Georges Swede, traduit par le susnommé. Je le copie ici et je commente après...

Voici maintenant exposée la 2ème règle du haïku
d’après le Chapitre 3 (de The Modern Haiku in English) de G. Swede :

« Idéalement, le haïku classique :

2) décrit une expérience d’étonnement, de stupéfaction ( : « awe ») , ou de compréhension transcendantale.

Et, d’après le chapitre 4 (« Vers une Définition du Haïku Moderne en Anglais. ») :

2ème règle : Le haïku est un poème qui décrit une expérience d’étonnement (ou de pénétration transcendantale)

   Cette règle a toujours été le sine qua non de toute composition du haïku et le demeure encore aujourd’hui. Un très court poème qui n’a pas ce sens de la surprise, cette qualité d’exclamation (« ah ! ») n’est tout simplement pas un haïku. L’accord sur cette règle semble être unanime, à la fois parmi les haïkistes classiques et parmi les modernes.
    Tandis qu’un sentiment de saisissement peut aussi être créé par des poèmes plus longs (comme ceux de Wordsworth), il n’est pas tout à fait ressemblant. Le poème plus long construit ses effets à travers une accumulation d’images (parfois des douzaines), mais le haïku n’en utilise, lui, que deux ou trois. Pour qu’un haïku soit alors efficace, il doit capturer l’essence d’une expérience. Et, comme le suggère Kenneth Yasuda, cette essence s’exprime au mieux par un seul souffle. Bien sûr, à l’intérieur d’un poème plus long il peut y avoir des combinaisons saisissantes de deux ou trois images qui peuvent produire le même effet qu’un haïku.
Il reste cependant un problème – pour distinguer la conscience aiguë ou l’exclamation éprouvées à travers un haïku de celles que peuvent produire d’autres très courts poèmes tels que le senryû ou l’épigramme. Comme on le verra d’après les exemples suivants, la différence avec le haïku est cependant substantielle :

Épigramme :

Je suis le chien de Sa Seigneurie de Kiev ;
Mais dites-moi donc, Sire, quel est votre chef ?

Alexander Pope ( Muse : Approaches to Poetry, p.238)

Senryû :

« Trois points ! »
Le visage de papa : le seul visage
dans les gradins

Chuck Brickley
(Modern Haiku, p.48)

Haïku :

Seules restent les braises…
des nuages
dérivent devant la pleine lune

Betty Drevniok
(Canadian Haiku Anthology, p.38)

   L’épigramme crée un aperçu humoristique de la nature humaine, grâce à une habile tournure d’esprit. Le senryû cause un sentiment poignant dans la relation entre père et fils. Aucun d’entre eux ne provoque un sens mystérieux d’unité avec tout ce qu’on trouve dans le haïku. »

G. Swede

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Si vous avez de réagir à ces exposés de la 2ème règle du haïku (selon George Swede), n’hésitez pas !


Commentaire:

Si je suis d'accord sur l'expérience d'étonnement que doit décrire un haiku, j'aurais aimé que Swede appuie sa démonstration sur plusieurs autres exemples. Alors, comme il ne l'a pas fait ou que nous n'avons pu le lire dans sa totalité, je vais m'amuser à tirer de ma bibliotheque un certain nombre d'ouvrages et vérifier si dans la plupart des cas, cette caractéristique est vérifiable...

Nous prendrons aussi le terme proposé par le même auteur et son traducteur "pénétration transcendantale" pour variante de cette même règle...

(à suivre)

Phil