Premier jour

En toute confiance, ce vendredi 8 octobre vers les 9 heures du matin, je pénètre dans Lyon en camion. C'est ainsi que je nomme mon utilitaire Jumpy de 1995. Je me rends au festival de l'Association Française de Haïku, sans me douter que dans quelques minutes  j'irais me perdre dans la vieille ville. Mon seul repère est l'opéra, ce grand tonneau qui jouxte l'Hôtel de Ville. Hélas, je ne parviens pas à l'apercevoir. Si ce n'était l'extrême amabilité des Lyonnais qui en toute circonstance sont près à vous sortir de vos errances, je crois que je serais toujours en train de tourner dans la ville ancienne avec mon fourgon. Par bonheur, après quelques tours de manège supplémentaires, je me glisse sans hésiter dans le parc de l'Hôtel de ville. J'y laisse enfin dormir mon véhicule, au prix d'un euro ou deux de l'heure.

Dès que je sors, un peu affolé, du parking souterrain, la chance veut que je rencontre deux sommités du haïku francophone. L'une Québécoise, l'autre belge. Ils m'apprennent que je ne suis plus très loin du siège du festival.
Je pousse une lourde porte et pénètre dans un couloir sombre et frais avec ma valise et mon cartable. Je gravis lentement un bel escalier et arrive enfin dans le vestibule qui ouvre sur la grande salle de conférence. M. m'accueille avec un charmant sourire et des paroles très amicales. Elle m'invite à épingler sur ma chemise les deux termes de mon identité.

(à suivre...)

Phil