Les listes de haiku se font la guerre... Les uns choisissent les tirs de missile pointés sur des cibles bien désignées.
Les autres ne réagissent pas, mais fourbissent leurs armes en secret. Hier encore, ce petit monde faisait kukai ensemble.Et, s'il m'en semble, continue. Ceux-là même qui se font insulter, partagent la même table avec leurs bourreaux, dans l'hypocrisie la plus parfaite.
Aujourd'hui, les hostilités éclatent. Aux provocations, on répond par des coups fourrés. Le haiku seul est laissé pour compte.
Pas plus la voix des tyrans, des voyous, que celle des lâches. Pas plus celle des bavards que des muets. Il est temps, non pas
de baisser les armes et de repartir chacun dans son camp et dans son désir de vengeance mais d'ouvrir la voie (voix) à un véritable débat, une redéfinition du haiku et de son esprit. Ceux qui croient encore à la table rase d'une révolution (du haiku)
n'emploieront bientôt que des cris de haine pour se faire entendre. Ceux qui croient pouvoir longtemps ronronner sur la vague
calme du haiku doux, finiront par sombrer dans l'ennui et le poétiquement correct. Je ne prétends pas, comme Brassens, me situer entre deux âges et leur adresser un message con(descendant). Je voudrais juste voir cette stupide guerre cesser. Et au lieu
que chacun reprenne ses frontières et ses positions (et son éternelle mémoire)  aille à la rencontre de l'autre, de son mouvement,
et de son expression.Pas forcément dans le consensus mou mais dans le respect des formes et des diversités. Ou bien, si l'accord semble impossible et les convictions ne sont plus contagieuses, que les théories s'affrontent, et que les personnalités
rêvent toujours d'en découdre et de donner raison à leur égo sur-dimensionné, leur fragile susceptibilité (j'emploie ici les expressions mêmes qui me furent adressées par certains) il faudra reprendre le combat, jusqu'à la victoire, celle qui fera taire toutes les voix discordantes à jamais.
En ce qui me concerne, je préfère l'exil et l'écriture dans l'ombre . L'instant présent est mon seul maître, mon seul camp et je refuse au nom du haiku  qui est bienfaisance (et non bienséance) le mépris des autres.

Phil