Je profite d'une lettre à poster pour  faire ma petite promenade quotidienne. L'air est doux mais encore très humide. Les oiseaux sont là, pour fêter cette douceur printanière. Je marche lentement le long d'une haie de plantes méditerranéennes. Plusieurs d'entre elles bourgeonnent déjà.

ce chemin
non, l'autre -
ah le mimosa


Quand je pense que N. n'aime pas les floraisons jaunes. C'est pour moi incompréhensible.Le mimosa est sans aucun doute mon arbre préféré. J'aime son parfum, j'aime son feuillage et ses petits soleils d'or qui annoncent la venue du printemps.

Le chemin rebours est plus laborieux. Je monte la petite côte comme un petit vieux. Le souffle est court et les jambes un peu molles.
Je n'ai toujours pas faim et ça me tranquilise. La fatigue on l'apaise en se reposant, la faim, forcément en mangeant.Alors j'ai pris le parti de boire beaucoup.

L'an passé, à peu près à la même heure, voici ce que j'écrivais:

L'heure du repas approche. C'est drôle, je n'ai aucune sensation de faim. A peine si la bouche est pâteuse et l'énergie un peu entamée. Mais rien à voir avec cette lointaine première fois où le quatrième jour de jeûne, je marchais dans le village à la vitesse d'un vieillard. Je bénéficie sans doute de l'expérience qui me permet de prendre un peu de distance avec les quelques montées d'angoisse - le mot est fort- qui ne manquent pas d'advenir.

 

un grand verre d'eau

pour chasser la peur

du vide