Après avoir intensément dormi, je me lève sans grande faim. Le thé suffit à remplir le vide. N. s'apprête à partir dans les embouteillages matinaux. J'ai, en ce qui me concerne, quelques belles intentions de ménage.
Une grosse araignée du type "tégénéraire" s'immobilise au plafond. Je crois que celle-ci n'utilise pas de toile.

En jeûnant, le besoin de musique se fait moins sentir, ou plutôt, s'il en faut, d'autres qualités lui sont demandés. Les perceptions
auditives étant exacerbées, je ne tolère pas de mélanges sonores, surtout électrisés. Le piano seul ou la flûte japonaise s'accordent bien au silence
de la maison.

En matière d'écriture, il me semble nécessaire pour ne pas dire indispensable, mais ce n'est pas pur fruit du jeûne, d'aller vers des haikus
encore plus enlevés. Je n'irai pas jusqu'à rejoindre les exercices lacunaires de Daniel Py, ni tout à fait me calquer aux épreuves minimalistes de Marcel Peltier. Pourtant, c'est bien de légèreté qu'il s'agit. Mon haiku est encore trop fait de moi-même. Certains se plairaient à dire égotique.
C'est possible. Cela dit, quand je vois d'où partent mes premiers tercets, et le chemin de délestage qu'ils ont suivis, je ne dois pas trop m'en faire.
Le principal travail aura deux axes à présent:

- produire moins (ou moins sauver)
- produire plus léger encore