26 août 2009
chemin de Saint-Jacques (fin)
Je rêvais de voir le village médiéval de Conques, sans touristes, ni pèlerins, livré au silence du matin.
matines -
déjà dans ses comptes
le cafetier
*
soleil matinal -
les teintes rouges et bleues
du tympan
*
parvis sans soleil -
le diable du tympan
a l'air sot
*
le prêtre
un mot pour rire
à chaque demeure de l'enfer
*
matin d'été -
par dizaine les passereaux
autour du clocher
Phil
25 août 2009
chemin de Saint-Jacques (cinquième jour)
"...nous marcherions à une vingtaine de pas l'un de l'autre; ainsi nous ne nous gênerions pas et nous pourrions lire ou méditer tout au long du chemin..."
Récit d'un pélerin russe
le tombeau de l'apôtre
n'est plus qu'à mille trois cents
kilomètres
*
fin d'étape
déjà l'on parle
de la prochaine
*
ceux que l'on laisse
ceux que l'on retrouve -
chemin de Saint-Jacques
*
seulement ce chemin
où je marche
seul
Santoka
*
eau fraîche
eau fraîche
litanies sur le chemin
*
Je me rappelle, il y a vingt ans, ce verre d'eau fraîche, offert sous juillet par l'ermite orthodoxe, dans la chapelle pyrénéenne. Ici à chacune des haltes, la même proposition: on se désaltère, on discute ensuite et si l'on veut l'on prie.
avant les paroles
un verre d'eau fraîche -
la voie du Puy
*
avant les saints
la vénération des ampoules -
chemin de Saint - Jacques
*
vêpres -
les cloches lourdes
de chaleur
Phil
chemin de Saint-Jacques (image 6)
chemin de Saint-Jacques (images 5)
chemin de Saint-Jacques (quatrième jour)
Nord-Aveyron -
dans un pré, un troupeau
de bufflones
*
la jeune femme
marche seule
et de nuit
*
Marcher, jusqu'au point d'absence, d'extinction des réactions mentales.
Michel Jourdan
avec la montée
la prière
plus intense
*
chemin pierreux -
comme elle chante
monte plus vite
*
dans l'odeur
de ma nudité
je m'endors
Abe Kan'ichi
nuit chaude -
les moustiques font fi
de la bombe
*
en marchant
le monde
je l'oublie
Phil
chemin de Saint-Jacques (images 4)
chemin de Saint-Jacques (troisième jour)
De plus en plus nombreux les pèlerins sur le chemin de Compostelle. Ils sont m'a dit une hospitalière, à l'image de la société. Il y en a de tout. Mais d'ici à les envoyer dans les ronces ou sur les mauvais sentiers, quand même !
un propriétaire
a barré la route
des pèlerins
*
elle est belle l'image de la moniale de soixante dix ans, nous précédant sur le sentier, au départ de l'abbaye. Elle emprunte le chemin des ombres en claudiquant. A sa main droite, le chapelet, à sa gauche une faux.
loin de l'abbaye -
la vieille moniale
fauche un pré pentu
*
sur mes souliers boueuex
des herbes raccornies -
je regarde le mont Fuji
Yokomitsu Riichi
*
halte sous un chêne -
nous ne parlons
que de nos pieds
*
Calvaire -
chacun y va
de sa petite pierre
*
Sur le chemin, voyagent des solitaires. Ils fuient les itinéraires officiels, empruntent les variantes, non balisées, dorment dans des abbayes ou à la belle étoile.
Et puis il y a les autres, ceux qui mêle au chemin, la joie des rencontres.
je chemine
avec le grand suisse
et la petite espagnole
*dans la montagne d'automne
j'ai trébuché -
l'écho des pierres
Yoshikawa Eiji
sur mes pieds
l'eau glacée -
toujours la fatigue
*
chemin sans balises -
des fils d'araignées
sur mon visage
Phil
chemin de Saint - Jacques (images 3 )
chemin de Saint Jacques (deuxième jour)
N. me parle des petits gestes qui font la véritable charité...ces gestes que signe une extrême pudeur.
Hospitalier -
levé matin pour nous tailler
deux bâtons de marche
*
vive les clôtures !
un troupeau
de jeunes taureaux
*
Abbaye en vue -
la dernière montée
est un calvaire
*
Hospitalité Bonneval -
toute entière bue
la cruche d'eau fraîche
*
A quoi sert le pélerinage, si l'on ne devient, ne fut-ce qu'un court instant, à l'image du Dieu qui nous le fit faire.
sur le couvre-lit
je tombe
les bras en croix
*
Phil
en marge du chemin
entre deux bons plats
elle pèlerine
la québecoise
*
nuit noire -
deux pèlerins ronflent
à contre-temps
*
un avion brille
déjà la nuit
ici
*
le pèlerin
poursuit son chemin
avec ses blessures
un cri -
la hulotte
signe la fin du jour
de chacune de ses mains
l'enfant
libère un ange
fin d'étape -
au pied du mur
les chaussures se reposent
Phil...



