Aux premières minutes de l'aube, je pars avec mon chien sous les
châtaigners. El camin d'Olt, littéralement chemin du Lot, domine le
val de Truyère, puissant affluent du fleuve déjà nommé. A cette heure,
j'ai peu de chance d'y rencontrer quelqu'un. Je laisse donc courir le
chien devant moi, sans craindre que l'obscurité de son pelage et la
blancheur de ses crocs, n'effraie le premier Vttiste venu. Nulle rosée
sous mes sandales; le retour des grosses chaleurs a chassé toutes
traces d'humidité. J'approche lentement du rocher qui surplombe le lac
d'Izaguette. C'est ici que se reposent mes articulations paresseuses.
Le panorama m'incline à la rêverie.Si l'oreille perçoit les lointains
cancans des Colverts et l'œil distingue quelques larges rides de
l'eau, l'esprit jouit de l'image du soleil montant.

soleil levant –
premières taches d'automne
dans les feuillus

A la faveur de plusieurs entrées maritimes, le ciel s'est encombré de
nuages. Un vent léger orchestre les percussions de feuilles sèches et
les bourdonnements d'insectes. Plus en hauteur, est-ce le tonnerre qui
gronde ou un lointain avion de ligne ?
L'heure viendra bientôt où il faudra dire adieu aux vacances, charger
la voiture des derniers souvenirs d'été et reprendre la longue route
de la rentrée.
Nous voyagerons sur un dernier disque de Salvador ou sur quelques
standards de jazz de Duke Ellington, laissant derrière nous les larmes
des grands parents.Au moment d'allumer le moteur,se posera l'éternelle
question.

retour de vacances –
la peur d'avoir oublié
quelque chose

Phil